• Catibou s’est parée de plusieurs peaux successives avant de laisser apparaître la dernière, celle qui lui a permis d’écrire les histoires qui s’imposaient à elle.

    Sa première peau et non la moindre fut celle d’une enfance renfermée, sensible, qui lui a permis d’engranger des sentiments forts, à fleur de peau, les sensations intenses d’une enfant timide à l’extrême. Pendant cette période, ses liens avec la nature ont toujours été puissants et vrais.

    Sa seconde peau lui a permis de s’épanouir dans une vie familiale dense auprès de son mari et de leurs trois enfants.

    Sa troisième peau l’a fait entrer dans la vie professionnelle au service des autres et auprès des enfants en particulier, tout d’abord comme diététicienne en pédiatrie dans un centre anticancéreux puis comme institutrice en école maternelle. Grâce à la formation reçue en littérature à l’école normale qui fut comme une révélation et grâce au contact de la littérature jeunesse à l’école, sa quatrième peau fut le coup de baguette d’une fée, avec un instant magique révélateur dont elle pourrait situer le moment avec précision.

    Cette quatrième peau, précieuse, Catibou en prend soin et la nourrit pour qu’elle garde l’éclat et la saveur de la première, celle de l’enfance jamais perdue, la densité et la force de la deuxième, la richesse de la troisième. Tout cela, Catibou le met dans ses mots et ses histoires.

    "Pour moi le secret du métier d'écrivain réside non pas dans une inspirations d'origine inconnue mais dans l'obstination et la patience."
    Discours de réception du prix Nobel de littérature, à Stockholm, 7 décembre 2006. de Orhan Pamuk